Littérature

ESSAI INÉDIT 'FONDU AU NOIR', DE RAFAEL VALLBONA

Epilogue. ‘No future’; un punk philosophique

ALBERT SALAMÉ/VILAWEB | Manifestant dans la place de la Vila de Gràcia de Barcelona avec un affiche de rejet fusionnant les paroles Covid et capitalisme, et un membre de la police catalane prenant note de son identité
ALBERT SALAMÉ/VILAWEB | Manifestant dans la place de la Vila de Gràcia de Barcelona avec un affiche de rejet fusionnant les paroles Covid et capitalisme, et un membre de la police catalane côntrolant son identité

L'écrivain et journaliste catalan Rafael Vallbona s'est inspiré pendant le confinement dû au coronavirus de sa vie pour réaliser un parcours autant personnel que historique et politique d'une génération, depuis les années soixante jusqu'à maintenant, quand cette génération se voit condamnée à une auto-désintégration lors qu'elle avait l'âge de pouvoir prendre la retraite avec de la tranquillité et la sérénité. Dix chapitres inédites qui ont été publiés entre mai et juin par parisBCN dans sa version originale catalane et une traduction simultanée en espagnol. Et pour donner un aperçu, quand on arrive à la fin, on offre aussi une version française de l'épilogue. Une manière de refermer cette chronique générationnel d'un monde qui ne sera plus jamais comme avant.

AUTEUR DU ROMAN 'LE GHETTO INTÉRIEUR'

Santiago H. Amigorena : “La douleur et le silence de mon grand-père sont les miens”

VICENÇ BATALLA | L'écrivain Santiago H. Amigorena, à la Fête du livre de Bron en février
VICENÇ BATALLA | L'écrivain Santiago H. Amigorena, à la Fête du livre de Bron en février

VB. Il a fallu attendre Le Ghetto intérieur (P.O.L., 2019), finaliste du Prix Goncourt, pour attirer un peu plus l’attention sur l’écrivain après des années d’une oeuvre personnelle plutôt confidentielle. Santiago H. Amigorena (né à Buenos Aires en 1962) a d’abord gagné sa vie notamment comme scénariste de cinéma, aux côtés de réalisateurs comme Cédric Klaplish, même si, lui aussi, s’est essayé à l’exercice. Exilé en France avec ses parents argentins à cause de la dictature quand il n’avait que onze ans, sa vie et son identité sont restées pour toujours partagées entre ces racines sud-américaines et sa formation littéraire française. Un exil comme un voyage de retour de sa famille juive originaire d’Europe de l’Est, qui l’a porté a imaginer quelle avait été la raison de la culpabilité et le silence de son grand-père Vicente Rosenberg qui, arrivé en Argentine en 1928, avait laissé derrière lui sa mère et son frère à Varsovie, et qu’il ne revît jamais, éliminés par les nazis. C’est ce silence qui forme ce ghetto intérieur, dans lequel se projette Amigorena en croisant ces deux exilsContinuer la lecture...

PRIX GONCOURT 2018

Nicolas Mathieu : “Il m’intéressait de montrer que nos parcours de vie sont conditionnés”

VICENÇ BATALLA | L'écrivain Nicolas Mathieu à la bibliothèque de l'Institut Français de Barcelone, en septembre dernier
VICENÇ BATALLA | L'écrivain Nicolas Mathieu à la bibliothèque de l'Institut Français de Barcelone, en septembre dernier

VB. Il n’était vraiment pas le favori pour remporter le Prix Goncourt 2018, mais son histoire réaliste Leurs enfants après eux (Actes Sud) sur l’effondrement de la classe ouvrière dans le Grand Est de la France a séduit le jury. Avec son deuxième roman et à 40 ans, Nicolas Mathieu est finalement arrivé à faire de l’écriture son moyen de vie. Et, en moins d’un an, Mathieu a été propulsé à l’international et traduit dans de nombreuses langues, jusqu’à voir publié en espagnol, Sus hijos después de ellos (AdN). C’était l’opportunité d’avoir une conversation avec lui, à l’Institut Français de Barcelone.

Avec la traduction d’Amaya García Gallego, le travail de transmettre dans une autre langue le roman tient compte de l’utilisation importante de l’argot de la part de l’auteur. Et il y a une vraie partie de vécu personnel de Mathieu, issu d’une modeste famille d’Épinal, en Lorraine. D’abord considéré comme un écrivain de polars - son premier roman Aux animaux la guerre (Actes Sud) a été adapté pour lui même à la télévision-, cet deuxième opus adopte quelques registres du genre mais va au-delà pour peindre une société de province près du Luxembourg dans les années 90, dans des endroits inventés mais faciles à identifier comme des catastrophes industrielles. C'est le portrait d’une France sinistré. Continuer la lecture...